jeudi 13 février 2014

Sommaire :

Introduction.

I-Les super héros ont donné une image positive des Etats-Unis de l'âge d'or à l'âge de bronze (1930-1980) :

 1) Des héros qui représentent un soutien envers la population américaine fragilisée par la guerre.

2) Des moyens de propagande, l'exemple de Captain America.



II-La diffusion d'une image plus sombre et négative des Etats-Unis due à des changement majeurs dans les comics de l'âge moderne :

1) Les changements sur le fond et la forme des comics de cette  époque.
2) Des changements qui provoquent une nouvelle lecture de  l'image des USA, l'exemple de Watchmen.

III-Une image des Etats-Unis globalement réaliste, quelque soit l'époque : 

 1)Un contexte souvent inspiré de faits réels.

2)Une représentation réaliste de la population américaine afin que les   lecteurs puissent s'identifier à un personnage.
3)Les "Real life super heroes".  


Conclusion.   


Introduction :

 

Suite à une émission traitant des super héros de la vie quotidienne, nous avons voulu les étudier comme sujet de TPE.

Apparus dans les années 1930 dans des publications américaines, les super- héros sont entrés dans la culture populaire des États-Unis et ,ainsi, sont devenus des icônes d’un genre idéal américain.

Le terme “super héros” désigne un type de héros fictif qui incarne la justice. Ils ont un rôle de protection important auprès des populations et des citoyens contre Les “Super vilains” et , ainsi, ils ont pour but de protéger une ville ou un pays. Ils sont, pour la plupart des sur-hommes ou femmes.

Il existe trois types de super héros :

  - les super héros ayant des pouvoirs surnaturel de naissances  et dont le destin est celui de veiller sur le monde.

   - les humains normaux qui deviennent super héros suite à un tournant anormal durant leur vie.

   - les super héros qui ne possèdent pas de pouvoirs mais qui ont décidé de le devenir suite à un élément déclencheur. On peut citer l’exemple de Batman qui, des années après l’assassinat de ses parents décida de devenir un super justicier pour nettoyer Gotham city de ses criminels Batman .


Mais que reflètent donc réellement les super- héros des États-Unis?

Dans un premier temps, nous remarquerons qu’une image positive peut être dégagée des comics parus jusqu’à l’âge de bronze (des années 30 à 1985), par la suite, nous retiendrons une image plus négative et sombre dans les comics actuels de l’âge moderne (1985-...) pour échapper à la crise, et enfin, nous constaterons que les États-Unis, à travers les super héros, sont globalement représentés de manière assez réaliste et fidèle au contexte, quelque soit l’époque.

I-Les super-héros ont donné une image positive et sublimée des Etats-Unis de l'âge d'or à l'âge de bronze (1930-1980) :


Les super-héros sont apparus pendant l’entre deux guerres durant une période de prospérité, dans les années 1930 plus précisément. Ces héros fictifs sont de plus en plus représentés et incarnent la puissance d’un pays : les USA. Durant les trois périodes de l'âge d'or, d'argent et de bronze (1930-1980), ces super-héros ont incarné le patriotisme et la perfection, fonctions par lesquelles ils ont transmis une image positive des États-Unis sous divers angles.

Peu à peu, ces héros sont devenus des objets de propagande et sont utilisés pour soutenir les soldats aux combats et le peuple qui n'est pas au front. Ces super-héros vantent aux enfants, une partie de leur lectorat, les valeurs de l'armée américaine en sachant qu'ils seront les citoyens de demain.

Le super héro Captain America, par exemple, a été créé dans l'unique but de faire de la propagande, par opposition à d'autres personnages dont le but principal est de divertir (Batman, Flash...). Il apparaît en 1941, en plein milieu de la seconde guerre mondiale (1939-1945), il va donc participer à l’effort de guerre en montrant en quelques sortes le chemin que doivent suivre les soldats et les populations. Sur l’image de propagande suivante, on peut voir Captain America qui renverse Hitler, ce qui montre que les États-Unis ont les moyens militaires de battre l’Allemagne et cela n’a pas raté le 8 mai 1945, jour où l’Allemagne capitule et où les alliés la mettent sous tutelle. Il devient l’objet majeur de propagande. Ses combat « fictifs » représentent le combat des États-Unis (le bien) contre leurs ennemis (les nazis, le communisme... : le mal) toujours pour le bien de la communauté.



Il fallait un homme capable de surpasser les faiblesses physiques de ses ennemis dans le but de montrer que les États-Unis sont les plus puissants d'un point de vue militaire et quelqu’un qui puisse affirmer la puissance des États-Unis au combat en dressant le drapeau Américain.
Les super-héros traduisent donc la vision manichéenne (distinction du bien et du mal) que les USA ont des conflits dans lesquels ils prennent part en sublimant l'image de ce pays.

Durant la seconde guerre mondiale et la guerre froide, les super-héros ont joué un rôle très important auprès de la population américaine. Ils sont les faits de traumatismes engendrés par des événements historiques (les deux guerres mondiales, la guerre froide...). En effet, leur but est de rassurer la population dans des périodes de tension : montée du nazisme dans les années 1930, crainte que la course à l'armement entre les 2 blocs durant la guerre froide (1947-1991) ne conduise à une troisième guerre mondiale...




De tous les conflits marquant du 20ème siècle, la guerre froide était celle durant laquelle la population était la plus nerveuse, les nombreux chocs qu'elle présente n'aidant pas : assassinat du président Kennedy en 1963 à Dallas, qui entraînera un sentiment d'insécurité, la crise de Cuba en 1962 où les Soviétiques menacent les USA de les bombarder depuis Cuba... car il se sentaient particulièrement visés.



Le schéma des combats entre super-héros et vilains, qui représentent le mal contre le bien, a le plus souvent pour issue la victoire du héros. Ce gimmick (sorte de convention récurrente) a aussi pour but de rassurer les américains quant à la puissance de leur pays.




                                        

lundi 10 février 2014

II-La diffusion d'une image plus sombre et négative des Etats-Unis due à des changement majeurs dans les comics de l'âge moderne :



En 1985, DC comics publie Crisis on infinite earth dans le but de faire mourir ses principaux super-héros. Cet acte, marquant l’entrée dans l’âge moderne des super-héros, a pour but de permettre aux auteurs de recréer ces super- héros dans une seul univers : les USA que nous connaissons (et non plus des mondes parallèles) avec une vision beaucoup plus sombre, plus adulte, Batman année un de Frank Miller par exemple. Cette période est aussi marquée par l’apparition de nouvelles mini-séries, telles que les Watchmen D’Alan Moore et Dave Gibbons.Durant cet âge, les comics connaissent une crise conséquente. En effet, beaucoup d’éditeurs disparaissent (Valiants comics est racheté en 1994 par l’éditeur de jeux vidéos Acclaim Entertainment) et, même si cette crise s’apaise à la fin des 90’s, les ventes ne sont pas aussi conséquentes qu’au début de cet âge (seulement 154 000 ventes pour Ucany X-Men).



1)les changements sur le fond et la forme des comics à cette époque :

Pour lutter contre cette crise, les scénaristes, dessinateurs et éditeurs sont obligés de réaliser des changements dans les comics.
Le scénario est l’une des principales causes de ce refoulement par les lecteurs. En effet, les lecteurs disent en avoir marre de cette “succession d’images sans contenus”. Pour y remédier, les éditeurs de comics font appel à des scénaristes capables de rendre l’histoire plus profonde et intéressante (les séries dont les numéros se suivent se développent pour pousser le lecteur à l’achat) ainsi qu’à rendre les super-héros attachants. D’ailleurs, des scénaristes de télévision sont invités à scénariser des comics (Joss Whedon poursuit sa série Buffy contre les vampires en BD, Kevin Smith en vient même à scénariser Green Arrow pour DC et Daredevil pour Marvel). Les histoires sont beaucoup plus violentes, sombres et traitent de thèmes plus crus (sexe, violence, drogues…).A tel point que la CCA (organisme de surveillance des comics) oblige le port du logo “For mature readers” sur la plupart des comics. Cette époque marque aussi un changement magistral dans la psychologie de ses super héros, psychologie plus en accord avec les thèmes traités alors par les comics : des personnages sombres et tourmentés, au delà de son aspect héroïque. Le Batman Year One de Frank Miller (principale inspiration du premier volet de la trilogie de Nolan) intègre donc un Batman beaucoup plus sombre évoluant dans une Gotham ravagée.



Ces changements sur le fond sont accompagnés de changements sur la forme. L'esthétique est beaucoup plus soignée (les dessins des comics de cet âge ont un trait plus réaliste et expressif) et les couleurs sont beaucoup plus sombres.




Cet âge marque aussi un développement des super- héros dans les jeux vidéos mais aussi une expansion des films de super-héros du fait d’un univers plus propices à ces formats (si l’on excepte certains jeux vidéos et la saga Batman très fantasque de Joel Schumacher).
Ces changements ainsi que le développement des supports mettant en scène les super-héros américains sont propices à la diffusion d’une nouvelle image des USA, une image plus sombre.


2)une image plus sombre des USA, l’exemple de Watchmen :
Pour mieux comprendre ce à quoi ont conduit ces changements, nous allons nous pencher sur un exemple de comic book (ici assimilable au roman graphique du fait de la présence de documents écrits) dont les 6 tomes ont été publiés de 1987 à 1989 : Watchmen D’Alan Moore et Dave Gibbons.
L'histoire des Watchmen se déroule en 1985, dans un monde parallèle où les super-héros ont cessé leur activité de justiciers et disparaissent un à un, alors que la Troisième Guerre mondiale menace d'éclater à tout moment. L'apparition en 1959 du Dr Manhattan, un surhomme doté de pouvoirs atomiques, a modifié l'histoire que nous connaissons : les États-Unis ont gagné la guerre du Viêt Nam, le scandale du Watergate a été étouffé, le pétrole n'est plus une des principales sources d'énergie, et Richard Nixon est toujours président en 1985. L'album est entrecoupé de plusieurs pages de documents écrits issus de l'univers des Watchmen. Articles de journaux, longs passages du journal intime de l'un des personnages, ces documents ne servent pas directement l'intrigue du récit mais permettent de donner une profondeur à l'univers des Watchmen.
Dans ce crossover, tous les changements cités précédemment sont utilisés :
- Les héros son tourmentés (Dr Manhattan en vient à se remettre en question et à regretter sont passé d’homme normal, le super héros Rorschach est en passe de devenir l’égal d’un super vilain…) et ont parfois des accès de folie (l’un des membres des watchmen, le comédien, en vient à violer sa collègue…)
-l'esthétique est très approfondie :
*les traits sont accentués
*les couleurs sont souvent sombres



- Comme les autres comics de l’époque, Watchmen jouit d’un scénario intéressant (où en serait les USA si la guerre avait été gagné différemment et grâce à un bond en avant du point de vue scientifique : l’utilisation de l’arme atomique ?) agrémentés de documents intéressants mettant en place le contexte de l’histoire.
-l’histoire est très mature, très violente et comporte des scènes très crues, comme en témoigne cette image :


Tout cela nous mène donc à un changement de l’image des USA.
Dans cette oeuvre, le changement de contexte est très certainement employé pour réaliser une critique indirecte des USA, et ceci est compréhensible, en effet, ici, les États-Unis (et surtout sa population) sont représentés comme transgressant beaucoup de limites et ayant beaucoup pêchés.
Ce comics montre une Amérique plongée dans l'ultra-violence et la délinquance...





...ainsi que l’insécurité qui y rôde.



Il y est aussi montré l’omniprésence du sexe (sous la forme d’addiction et de vice) dans la société américaine.





La misère des familles les plus pauvre est dénoncée dans la mesure où cela implique de tout faire pour vivre, même les activités les plus louches:





Tout ceci a pour but de révolter le lecteur, même si cela induit de le choquer avec des situations horribles. Tout ceci concerne uniquement le peuple américain (souvent pauvre), cependant, le gouvernement Américain n’y est pas non plus épargné.
En effet, la principale chose touchant le gouvernement et étant dénoncée ici est la monstruosité de la guerre du Viêt Nam.




On constate donc un changement majeur dans les comics qui entraîne une vision plus sombre et dénonciatrice des USA, changement symbolisant probablement un changement des mentalités dans la société américaine. Il faut tout de même traiter ces informations avec un certain recul car, comme vu plus haut, l’omniprésence de la violence dans les comics est surtout faite pour attirer un lectorat plus important.























III-Une image des Etats-Unis globalement réaliste, quelque soit l'époque :


Quelle que soit la période, les scénaristes de comics ont fait de tout leur possible pour rendre l’image des USA un minimum réaliste car c'est un passage nécessaire pour en divulguer une certaine image, positive ou négative. Il existe plusieurs moyens pour que les lecteurs ressentent véritablement l'aspect réaliste des comics.

1) Un contexte  souvent inspiré de faits réels

Les super-héros sont souvent reliés à des faits réels marquant pour les populations et notamment dans des conflits mondiaux (2ème guerre mondiale, guerre froide...). Beaucoup d’aventures et de personnages sont inspirés de faits et de personnes réels.

Dans une aventure de Batman, un méchant écologiste appelé Raz al Ghul se plaint que la population ne fait pas assez attention à l’écosystème. Sa première apparition en 1971 est en lien avec les nouvelles problématiques environnementales et, notamment, la course à l’armement ( arme atomique…) très controversée au sein même des Etats-Unis.En effet, c’est un véritable enjeu environnemental car cette arme s'avère dangereuse pour de nombreux territoires.    

Il devient alors un un “éco-terroriste” voulant retrouver un équilibre dans le monde en tuant chaque individu susceptible de perturber l'écosystème.  








Dans les aventures de Captain America, un autre super vilain apparaît, Red Skull. Ce personnage, apparu pour la première fois en 1940 dans le premier comics Captain America, avait pour but de symboliser la montée du nazisme durant la seconde guerre mondiale.





Les années 1970 marquent l’expansion des pays pétroliers (Arabie Saoudite…) qui font de l’ombre aux USA, leaders sur le marché du pétrole jusque alors. Et là encore, on retrouve ces pays émergents représentés dans des comics et plus précisément sous les traits de Farouk Al-Fasaud, un ministre du pétrole prêt à tout pour s’enrichir. Il apparaît pour la première fois dans le numéro 308 des 4 Fantastiques, parut en 1987 dans lequel il est le vilain, preuve que ces pays sont en travers de l’expansionnisme des USA .








2) une représentation réaliste de la population américaine pour que les lecteurs puissent s’identifier à travers leurs héros :

Le fait que le lecteur,surtout s’il est adulte,  puisse s’identifier à son héros existe depuis le début des comics, même si cet aspect fut renforcé durant l’âge moderne avec la création de super-héros adolescents (voir ci dessous).
En dehors de leur “super” vie, la plupart des super-héros a un métier (Bruc Wayne, est à la tête de l’empire Wayne enterprise quand il n’enfile pas son costume sombre de l’homme chauve souris), sa vie amoureuse (Clark Kent entretient une relation amoureuse avec la journaliste Loïs Lane, une des  rares humaines à connaître l’ego de Clark : Superman)... ces caractéristiques sont utilisées  pour rendre  les super-héros plus humains.














Depuis toujours, le public adolescent a été l’un des principaux cœurs de cible des Comics, ce qui explique certains partis pris dans la création des personnages.Il n’est pas insolite de remarquer un personnage aidant un super héros dans ses quêtes et étant moins âgé que son mentor (Robin pour Batman, Speedy Pour Green Arrow…). Le but d’un tel personnage, au delà de permettre certains retournements de situation, est que les lecteur adolescents puissent s’identifier et “vivre” le comics.










D’ailleurs, dès l’âge moderne, ce lectorat s'accroît de plus en plus, poussant les auteurs de comics à créer des Super-Héros adolescents, tels que Spiderman, Kick Ass… qui ont, tout comme leurs fans, une petite amie (Mary Jane Watson, la petite amie de Peter Parker alias Spiderman par exemple), des études, et parfois même un job (Parker est photographe pour le quotidien Daily Bugle). 





Ce rapprochement des lecteurs vers les super-héros n’est pas sans avoir influencé le quotidien de certains “super” fans.

3) Les “ real life super heroes”

Depuis quelques années, une nouvelle forme de Super-héros est apparu aux États-Unis. Leurs sources d'inspiration sont les films de super-héros et les comics. Le jour, ces héros du quotidien sont “monsieur tout le monde” ayant une profession et menant une vie normale. Ils sont traders, étudiants, certains travaillent dans les médias. Tous les soirs, ils revêtissent leurs costumes de super-héros et combattent les injustices comme ils le peuvent auprès des personnes dans le besoin. Ils sont appelés les “Real life superheroes”
(ou les “ super héros de la vraie vie”, en français).
Tout a commencé en  1985, le Mexique vient de se faire dévaster par un énorme tremblement de terre. Un étrange individu portant un masque de “luchador” (catcheur mexicain) part dans toutes les régions du Mexique qui ont été touchées pour venir en aide aux personnes concernées par cette catastrophe.
Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux ces super-héros ont vraiment pris de l'ampleur. Ils sont agés en moyenne de 16 à 60 ans et viennent du monde entier surtout aux États-Unis pour donner de l’aide aux personnes en situation très difficile. Ce mouvement s’est donc popularisé aux États-Unis: leur effectif dépasse désormais les 400 individus . Il n’y a pas de chef mais une charte doit être signée par les personnes souhaitant intégrer ce groupe.  
Ces justiciers ont principalement deux objectifs: certains se battent contre la pauvreté en distribuant repas, vêtements et boissons; les autres se battent contre l’insécurité dans les quartiers sensibles pour s’interposer en cas d’agressions ou de vols.






  

Voici le portrait d'un de ces super héros français : Citizen French, interviewé par Yann Foreix pour Le Parisien en 2013, suivi d'un court microtrotoire pour savoir ce que les citoyens pensent de ses agissements.